«
Monsieur le Président,
Messieurs,
Mes chers amis.
Les
discours étant, pour les convives, la rançon inéluctable
et parfois détestable des banquets, je me garderai
d’abuser.
Il
me serait tout de même difficile de laisser se terminer
cette journée sans adresser, en mon nom personnel, au
nom de l’association « LE
FRONTON DE LUCHON » et de la « SOCIETE
IMMOBILIERE DE LA PIQUE », quelques mots à ceux
qui nous ont fait l’honneur et l’amitié
d’accepter notre invitation, comme à ceux qui ont été
les bons artisans de l’œuvre accomplie.
Je
vous remercie, Monsieur le Président, d’avoir bien
voulu venir donner l’estampille Fédérale à cette
manifestation.
Je
remercie mon ami PONS et tous ceux qui nous ont prodigué
conseils, encouragements, et nous ont fait bénéficier
de leurs solide expérience ;
Et
aussi mes jeunes amis Luchonnais qui ont eu la charge et
la responsabilité de l’organisation
d’aujourd’hui.
Des
remerciements tout particuliers vont aux représentants
de la presse, dont le savoir et le savoir faire ont fait
merveille, dans le faire savoir.
Enfin
et surtout, j’adresse aux joueurs, aux six magnifiques
athlètes, Basques Espagnols et Basque de France, nos
remerciements d’être venus inaugurer Le
Fronton de Luchon et félicitations sans réserve
pour l’art avec lequel ils pratiquent leur sport
national.
L’un
de vous me disait, hier, que la Pelote Basque est mieux
qu’un sport, qu’elle est un rite, la manifestation
d’une tradition ancestrale dont les formes doivent êtres
suivies.
Il
n’est que de parcourir, l’été, vos ville et vos
villages, pour en être convaincu : et vous avez
raison de rappeler les catéchumènes au respect des
rites et de la tradition.
Je
dois aussi vous transmettre les excuses et les regrets
de ce qui n’ont pu être là aujourd’hui, notamment
celles
De
M. Alfred COSTE-FLORET, Député-Maire de Luchon ;
De
M. MOREAU, Sous-Prefet de Saint-Gaudens ;
De
M BENAVIDES, Consul d’Espagne à Toulouse ;
Et
de plusieurs de nos amis associés.
En
construisant un Fronton, quel à été notre but ?
D’abord,
implanter à Luchon et sa région ce magnifique sport de
la Pelote Basque ;
Permettre à notre jeunesse, déjà formée aux
disciplines de la montagne et des sports de neige, de le
connaître, de le pratiquer, j’espère de s’y
perfectionner et peut-être, de conquérir quelques
lauriers dans les compétitions futures.
Offrir à nos hôtes, curistes et touristes, des
manifestations dont l’élégance complétant la valeur
sportives, en font des spectacles de très haute qualité.
Accessoirement, créer sur le sol du Fronton deux
nouveaux courts, dont l’un sera utilisé pour les
tournois annuels, et l’autre, pré du mur, facilitera
la tâche du professeur de notre Club de Tennis.
Dans une présentation amicale et heureuse de
cette journée inaugurale, BOTA (alias Monsieur
LAGISQUET), le spécialiste du journal « SUD-OUEST »
et l’on peut dire : du Sud-Ouest, a bien voulu
signaler l’ensemble Golf, Piscine, Tennis, dont le
Fronton est le couronnement ;
Il ajoutait que
l’effort accompli constituait un véritable acte de
foi.
Certes nous avons eu confiance en l’avenir
lorsque, en 1946, nous avons à quelques uns, repris des
tennis hors d’usage construits en 1932 avec quelques
autres ;
Que nous les avons
petit à petit remis en état ;
Que nous avons doublé
et clôturé les terrains, rendant possible toutes les
extensions ;
Construit le Golf-miniature, pris en charge les
destinées du Golf voué à la disparition ;
Edifié enfin le Fronton avec les deux tennis
supplémentaires, qui nous vaut la réunion de ce jour.
On vous a dit, presque trop dit et écrit,
puisque à ma grande confusion gravé sur le marbre, que
j’ai été l’animateur ; soit.
Mais l’œuvre réalisée est l’œuvre de
tous, de tous les membres de ce petit groupement
d’amis, associés d’abord sous le vocable de
« COPROPRIETE TENNIS », actuellement
transformé en société ;
D ces amis qui ont
discuté et adopté les projets et les plans, m’ont
prodigué avis, conseils exécution, une confiance
totale.
Je tiens à déclarer aujourd’hui que, sans
eux, rien n’aurait pu être fait ;
Comme je tiens à remercier l’équipe qui,
depuis huit ans, dans des conditions parfois difficiles ;
par tous les temps, toujours pressés par l’approche
des saisons thermales ; sous une direction, je le
sais, parfois exigeante;
Cette équipe qui,
avec des moyens insuffisants, a transporté des tonnes
de terre, de sable, de gravier, coulé des tonnes et des
tonnes de béton.
Cette
œuvre est largement leur œuvre ;
Je
sais qu’ils en sont fiers, je tiens à les en
remercier.
Mais on ne saurait oublier, d’avantage, que
dans un ensemble sportif, digne de cette station qui fût
sacrée REINE DES PYRENEES et qui tient à défendre son
titre, figurent aussi la Piscine, réalisée par la Société
de Gymnastique « LES LUCHONNAIS », animée
par le regretté Docteur CAZAL et par Alban ROUGE ;
Et que le parc des sports et ses tribunes, le
terrain du concours hippique, sont œuvre municipale ;
Plus
généralement, que la municipalité, le Député-Maire,
mes collègues de l’assemblée communale m’ont suivi
et m’on aidé dans tout ce qui a été entrepris.
Nous sommes la seule station thermale des Pyrénées
ayant un golf ; s’il a pu être maintenu, puis rénové
par nos soins, c’est que la Ville laisse,
gracieusement, au Comité de gestion, l’ensemble des
terrains lui appartenant ou loués par elle, ce qui
constitue une aide et une subvention indirecte considérable.
J’en
ai terminé avec ces considérations, peut-être un peu
longues, mais qui m’ont paru nécessaires et justes.
Un
Fronton à LUCHON !
Cela
me remet en mémoire cette réflexion d’un camarade de
Faculté, avec qui, descendant la rue Soufflot, j’échangeais
des propos de présentation ; apprenant que j’étais
des Pyrénées, de LUCHON ; il enchaîna aussitôt :
Ah,
oui … LUCHON, dans le Pays Basque.
Ce
jeune Parisien de 1913 justifiait la définition
classique du Français ; et n’était pas –
encore – décoré, il connaissait fort peu la géographie
de son pays.
Mais
ne faut-il pas voir, Messieurs, dans cette réflexion,
un hommage involontaire au rayonnement de votre race et
votre magnifique pays.
Après
tout, LUCHON, dans son Comminges, est-il si éloigné
des Sept Provinces ;
Et
nous tous, Pyrénéens, ne somme nous pas les fils de
ces Vascons, Ibères ou Gallo-romains, refoulés périodiquement
vers les montagnes par les barbares, toujours venus de
l’Est ;
De
ces montagnards qui, dans la tranquillité des hautes
vallées devant la majesté partout égale des cimes,
apprirent à connaître la liberté et la beauté, dont
ils nous ont transmis le culte.
Je
lève mon verre,
A
votre santé, mes chers amis,
A
l’avenir de votre sport national,
A
celui de la Fédération Française, de la ligue régionale
de Pelote Basque, et du Fronton
de Luchon,
A
l’amitié franco-espagnole,
A
nos Pyrénées,
A
la France.
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